Marginalia, III

Un cycle d’oeuvres de confinement

À l’image des marginalia, notes manuscrites, dessins ou signes qu’on trouve tracés par les lecteurs ou les copistes qui ont investi la marge de leur ouvrage, ce cycle s’inscrit en marge d’un monde essoufflé par sa course folle, en surproduction jusque dans les domaines culturels, en marge des partitions en cours d’écriture qui ne seront peut-être jamais entendues, en marge de la page blanche et silencieuse des artistes musiciens séparés de leurs publics, et les uns des autres. Si le virus et sa crise n’ont pas tout à fait raison du « répertoire », ils nous enferment dans un monde sans création musicale. Pour continuer à écrire et écouter le monde, notre compagnie fait appel à des compositeurs et compositrices amis en leur demandant de tenir compte des contraintes de confinement – ici, celle des sites de visio-conférence (latence aléatoire, décalages, impossibilité de contrôler son écoute des autres…) – dans l’écriture de pièces nouvelles. Elles témoignent à la fois du contexte qui les a vu naître, en même temps que d’un engagement bienveillant et solidaire entre créateurs et interprètes. Ces créations ne doivent pas être perçues comme des passe-temps de musiciens confinés dans l’insouciance, mais comme des cris d’alarme, des actes militants. Chacun des chapitres de ce cycle porte en lui les stigmates de notre empêchement. Il ne s’agit pas d’esthétiser le confinement en magnifiant le résultat du dispositif : nous souhaitons donner à entendre ces imperfections, ces imprécisions que nous masquons habituellement, donner à voir la difficulté d’exécuter ces performances « live ». Ici, pendant l’interprétation collective, chaque exécutant s’enregistre sur un support individuel, pour permettre ensuite de restituer une image sonore cohérente ; ces films sont les instantanés d’événements musicaux réels. Chaque volet de Marginalia sera une nouvelle invitation à ne pas confiner l’imagination, à ne pas cesser de croire que dans l’effondrement de tous ses repères, le monde a besoin de création et d’artistes engagés.

Distribution

Adèle Carlier, Amandine Trenc, Camille Slosse, Aurore Bouston, Victoire Bunel, Damien Ferrante, Alban Dufourt, Constantin Goubet, Vivien Simon, Virgile Ancely, David Colosio, Mathieu Dubroca. Réalisation Nicolas Foulon Ingénieur son Louis Beri