Le Tour des Babils

 

Spectacle musical

Shebam ! Pow ! Blop ! Whizz !… La musique vocale n’a pas besoin de paroles pour nous marquer durablement…

Effectif 12 chanteurs

Direction musicale Geoffroy JOURDAIN
Mise en scène Nicolas VIAL
Collaboration artistique Corinne PACCIONI
Scénographie Nicolas VIAL et Corinne PACCIONI
Réalisation des décors et accessoires Claire ROLAIN
Création lumière Pierre PEYRONNET
Sur une idée originale de Loup-Denis ELION

Pour cette proposition 100% a cappella, Les Cris de Paris et Nicolas Vial imaginent un spectacle inouï, pour petites et grandes oreilles, autour de pièces vocales (presque) sans parole.

Avec Le tour des babils, Les Cris de Paris s’appuient sur leur virtuosité vocale pour faire découvrir aux grands et aux petits un monde pas si différent du nôtre mais où la parole a été remplacée par la musique, les cris, les hop, les gloups, les zou.. et autres hein, bof, boum et patatatras.

La musique ? Des créations vocales de David COLOSIO complétées par des pièces composées par Giacinto SCELSI, Clément JANEQUIN, Georges APERGHIS, Kurt SCHWITTERS, Hans SCHANDERL, William J. SCHINSTINE… Un univers sonore singulier où les musiques se mêlent et font écho aux tics de langages et aux onomatopées.

Note d’intention de Nicolas Vial, metteur en scène :

Lors de nos premières discussions à propos de ce spectacle, Geoffroy Jourdain m’a parlé du Dictionnaire raisonné des onomatopées françaises de Charles Nodier, publié en 1808.
Lorsque l’on regarde à « Babil » voici ce que l’on y trouve:
« BABIL : abondance de paroles sur des choses inutiles, manie importune de parler continuellement. De la lettre b qui résulte de la simple disjonction des lèvres, et qui est la première que les enfants combinent avec les sons vocaux. Aussi est-elle la première consonne de tous les alphabets.

Ménage le fait venir de bambinare, qui a été fait de bambino, diminutif de bambo, transféré selon lui dans l’italien du syriaque babion, qui signifie « enfant ». De la même racine, nous avons créé Babiole, une chose de peu de conséquence, un bagatelle qui ne peut occuper que des enfants. » J’aime cette définition car, au-delà de son charme désuet, elle décrit assez bien les choses qui ont animé en tout premier lieu notre envie de faire ce spectacle.

D’abord, il y a ce côté ludique de la « babiole », la préoccupation d’enfant : c’est une envie de jeu qui nous a guidés avant tout.

Ensuite, il y a ces sentiments vis-à-vis du langage : celui de la perte qu’on pourrait ressentir si, comme après le châtiment divin à Babylone, on ne comprenait plus les autres, et celui de retrouver, comme quand on était enfant, le langage qu’on ne comprend pas encore. Ces deux sensations, opposées et complémentaires, décrivent bien ce que l’on ressent à l’écoute des pièces musicales choisies pour ce spectacle. Par exemple, on peut parler d’incompréhension du sens mais de compréhension du « sens caché » des comportements et des émotions qui affleurent, de la complexité de la composition musicale mais de l’évidence naïve du borborygme, de la frustration créée par le manque de sens, les dissonances, mais de la jubilation d’une expression première libérée des contraintes de la logique….

Nous nous sommes donc efforcés dans ce spectacle de rendre tout à fait palpable ce rapport ludique et paradoxal au langage que proposent ces compositions musicales.

Ajoutons à notre « cahier des charges » d’autres envies : celle de trouver le moyen, à partir de cet étrange matériau, de raconter une, ou des histoires ; et celle de faire partager au public, sans jamais tomber dans la « pédagogie », certains éléments de construction musicale.

Aller plus loin maintenant reviendrait à raconter le spectacle. Sachez seulement que vous allez vous trouver aux prises avec un groupe assez incongru de gens qui semblent difficilement se comprendre, mais qui finiront pas s’accorder ensemble pour vous trimballer de scènes de la vie amoureuse vers des discours politiques électoraux en passant par une réinterprétation tout à fait personnelle du monde médiéval…

Nicolas Vial, 15 janvier 2014

David COLOSIO (né en 1973) (commande des Cris de Paris)
Duo des gardes (CREATION)
Quatuor des gardes (CREATION)
Finale (CREATION)

Clément JANEQUIN (1485-1568)
La Bataille de Marignan (extraits) (1555)

Giacinto SCELSI (1905-1988)
, cinq mélodies pour soprano solo (extrait n°1) (1960)

Georges APERGHIS (né en 1945)
Duo et Quatuor, extraits d’Instantanés, 39 pièces pédagogiques pour diverses formations (1998-1999)
Récitation n°6 ou 8 (1978) pour voix de femmes
Jactation n°2 (2001)
Tourbillon n°4
(1989)
Dialogue Amoureux et Conversation, extraits de Zig Bang (1985)

Kurt SCHWITTERS (1887-1948)
Ursonate (extraits) (1921-1932)

William J. SCHINSTINE (1922-1986)
Rock trap pour chœur (1977)

Hans SCHANDERL (né en 1960)
Pygmy O-I pour chœur mixte

Durée : 1h00

Production Les Cris de Paris
Coproduction Le Théâtre des Quatre Saisons de Gradignan

Avec le soutien exceptionnel de La Fondation Orange, du FCM, de l’Adami, de la Sacem, de Musique Nouvelle en Liberté et de l’Onda

 
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