Marginalia : Création en confinement

 

À l’image des marginalia, notes manuscrites, dessins ou signes qu’on trouve tracés par les lecteurs ou les copistes qui ont investi la marge de leur ouvrage, ce cycle s’inscrit en marge d’un monde essoufflé par sa course folle, en surproduction jusque dans les domaines culturels, en marge des partitions en cours d’écriture qui ne seront peut-être jamais entendues, en marge de la page blanche et silencieuse des artistes musiciens séparés de leurs publics, et les uns des autres.

Si le virus et sa crise n’ont pas tout à fait raison du « répertoire », ils nous enferment dans un monde sans création musicale.
Pour continuer à écrire et écouter le monde, notre compagnie fait appel à des compositeurs et compositrices amis en leur demandant de tenir compte des contraintes de confinement – ici, celle des sites de visio-conférence (latence aléatoire, décalages, impossibilité de contrôler son écoute des autres…) – dans l’écriture de pièces nouvelles. Elles témoignent à la fois du contexte qui les a vu naître, en même temps que d’un engagement bienveillant et solidaire entre créateurs et interprètes.

Ces créations ne doivent pas être perçues comme des passe-temps de musiciens confinés dans l’insouciance, mais comme des cris d’alarme, des actes militants.
Chacun des chapitres de ce cycle porte en lui les stigmates de notre empêchement. Il ne s’agit pas d’esthétiser le confinement en magnifiant le résultat du dispositif : nous souhaitons donner à entendre ces imperfections, ces imprécisions que nous masquons habituellement, donner à voir la difficulté d’exécuter ces performances « live ». Ici, pendant l’interprétation collective, chaque exécutant s’enregistre sur un support individuel, pour permettre ensuite de restituer une image sonore cohérente ; ces films sont les instantanés d’événements musicaux réels.

Chaque volet de Marginalia sera une nouvelle invitation à ne pas confiner l’imagination, à ne pas cesser de croire que dans l’effondrement de tous ses repères, le monde a besoin de création et d’artistes engagés.

Questo è tutto • Francesco Filidei

Ce premier volet est assuré par nos fonds propres. Nous remercions infiniment notre ami Francesco Filidei d’avoir immédiatement répondu à cette proposition, comme celles et ceux qui lui ont emboîté le pas.

Avec : Cécile Larroche, Marie Picaut, Amandine Trenc, Cécile Banquey, Anne-Lou Bissières, Estelle Corre, Alban Dufourt, Olivier Rault, Ryan Veillet, Virgile Ancely, Emmanuel Bouquey, Mathieu Dubroca, Geoffroy Jourdain
Remerciements : Louis Beri

Questo è tutto
per ora
in questo momento
è come se
fossimo già
invece siamo
appena
e ciò che è
più strano è
che uno non se
lo immagina bene
dove potrebbe
essere arrivata
la lunga attraversata

Nanni Balestrini (Milano, 1935), da Antologica. Poesie 1958-2010 (Mondadori, 2013)

Instantané n°1 • Tomás Bordalejo

Avec :
Adèle Carlier, Michiko Takahashi, sopranos
Maria Kondrashkova, Pauline Leroy, mezzo-sopranos
Stephanie Leclercq, Laure Ilef, altos
Constantin Goubet, Safir Behloul, ténors
Alan Picol, Renaud Bres, basses
Geoffroy Jourdain, direction
Réalisation : Nicolas Foulon
Ingénieur son : Louis Beri
Production : Camera Lucida et Arte Concert
Avec la participation de la Fondation Bettencourt Schueller, en association avec Arte France
Avec le soutien du Centre National du Cinéma et de l’image animée

Etude sur le Kâmâsutra • Oscar Strasnoy

Avec :
Adèle Carlier, Amandine Trenc, Camille Slosse, sopranos
Aurore Bouston, Victoire Bunel, Damien Ferrante, mezzo-sopranos
Alban Dufourt, Constantin Goubet, Vivien Simon, ténors
Virgile Ancely, David Colosio, Mathieu Dubroca, basses
Geoffroy Jourdain, direction
Ingénieur du son : Louis Beri
Réalisation : Nicolas Foulon
Production : Camera Lucida
Avec la participation de la Fondation Bettencourt Schueller, en association avec Arte France
Avec le soutien du Centre National du Cinéma et de l’image animée

Am Morgen • Wolfgang Mitterer

Avec :
Anara Khassenova, Cécile Larroche, soprano
Anaël Ben Soussan, Judith Derouin, mezzo-soprano
Clotilde Cantau, Eugénie de Mey, alto
Alphonse Cemin, piano
Geoffroy Jourdain, direction

Réalisation : Nicolas Foulon
Production : Camera Lucida

Avec la participation de la Fondation Bettencourt Schueller, en association avec Arte France
Avec le soutien du Centre National du Cinéma et de l’image animée